| C- L'Exécutif provisoire, banc d'essai de la
gouvernance de l'Algérie indépendante
Mais il est
un autre aspect du rôle qu'a pu jouer l'Exécutif provisoire et
auquel on n'a guère accordé d'importance. Dans l'esprit du
partenaire français aux négociations sur l'autodétermination, il
n'était pas douteux que le résultat du vote du peuple algérien
serait pour le "oui" massif à l'indépendance. Alors, autant
faire de l'Exécutif provisoire le banc d'essai où des cadres
algériens vont s'initier aux problèmes de la gestion interne de
leur pays, dans les différents domaines, tels que
l'Administration en général, affaires économiques, pétrole,
industrie, agriculture, commerce, affaires sociales et
techniques, communications, transport, etc...
Bien au-delà de ce rôle de formateur de cadres de gestion du
futur État algérien indépendant, l'Exécutif, grâce à la qualité
de ses membres qui l'ont constitué, choisis par le FLN, ont jeté
les bases de l'État algérien. Lorsque l'Assemblée nationale
constituante a donné naissance au premier gouvernement de la
République, ce lui-ci a trouvé une structure étatique
parfaitement apte à faire face aux échéances les plus proches et
d'intérêt vital: la rentrée scolaire, l'emblavement des terres,
la préparation du budget, l'institut d'émission, etc...
L'algérianisation accélérée sous la direction de Chentouf
Abderrezak, délégué aux affaires administratives, du corps
préfectoral, des sous-préfectures et des communes à l'échelle du
territoire national, en s'appuyant sur l'organisation FLN en
Algérie et en France, a permis, entre autres, l'organisation
parfaite des élections à l'Assemblée nationale constituante et
le bon fonctionnement de toutes les institutions. L'ordonnance
62-1 du 6 Juillet 1962 rétablit les fonctionnaires et agents
civils et militaires qui ont subi un préjudice de carrière pour
faits de patriotisme et de participation à l'effort de guerre,
dans leurs droits à réintégration et réparation du préjudice
subi.
Le Dr Boumedine Hamidou s'est attelé à organiser l'accueil des
réfugiés à partir des frontières de Tunisie et du Maroc, leur
acheminement sur leurs lieux d'origine ont été détruits.
Belaïd Abdesselam, délégué aux
affaires économiques, avait pour charge la sécurité des
installations stratégiques: centrales électriques, barrage
hydroélectriques, réseau de distribution électrique, puits de
pétrole du Sahara; la continuité de l'exploitation pétrolière,
la promotion du secteur industriel, tel la Camel première usine
de liquéfaction de gaz naturel, faisant l'Algérie le premier
pays au monde dans cette discipline.
Le département des affaires générales que je dirigeais avait
pour tâche opérationnelle la réalisation du référendum
d'autodétermination qui s'est déroulé le 1er Juillet
conformément à la décision de l'Exécutif du 10 Mai 1962 jusque
dans les douars les plus reculés, grâce à l'organisation
administrative mise en place par l'Exécutif avec la contribution
efficace de l'organisation du FLN et également l'aide de l'armée
française pour le transport aérien des urnes et bulletins de
vote, échappant ainsi à toute tentative de sabotage de ce
référendum.
D- La proclamation de l'indépendance nationale
La commission
centrale de contrôle du référendum de l'autodétermination
institué dans le cadre des affaires générales, réunie le 3
Juillet 1962 à 10h15, proclamant les résultats, constate qu'à la
question "Voulez-vous que l'Algérie devienne un État indépendant
coopérant avec la France dans les conditions définies par les
déclarations du 19 Mars 1952", les électeurs ont répondu
affirmativement dans une proportion de 99,2% des suffrages
exprimés. Ce même 3 Juillet, le président de la République
française, le général Charles de Gaulle, prenant acte de ces
suffrages passe au président de l'Exécutif provisoire de l'État
algérien la reconnaissance de l'indépendance de l'Algérie et
déclare transférer, conformément au chapitre 5 des Accord
d'Evian, les compétence afférentes à la souveraineté sur le
territoire des anciens départements français d'Algérie.
L'Exécutif provisoire reçoit, en outre, la reconnaissance de
notre indépendance par tous les pays dont l'URSS, les
États-unis, le Canada, la Belgique, la Grande-Bretagne,
l'Allemagne de l'Ouest, l'Italie, la Hollande, la Suède, le
Danemark, l'Espagne, etc...
L'Exécutif provisoire, détenteur des attributs de la
souveraineté nationale, fit face à ses obligations tant internes
qu'externes, Il prépara le lit dans lequel devra s'écouler sans
encombres ni retard la conduite des affaires de l'État par le
pouvoir issu de l'Assemblée constituante.
Le premier journal officiel de l'Algérie indépendante,
datant du 6 Juillet 1962, relate, justement qu'au n°20 du 25
Septembre, la densité de l'activité et des décisions de ce
gouvernement aux prérogatives à la fois législatives, exécutives
et judiciaires.
Par-delà la gestion des affaires courantes, l'Exécutif prépare,
en connexion avec les services français, dans un échange
permanent des visites entre Alger et Paris, les protocoles
d'accords entre l'Algérie et la France pour toutes les question
de coopération prévues aux accords d'Evian et relatives,
notamment, à la situation des agents français en service en
Algérie ainsi que des enseignants, aux modalités d'exécution des
opérations financières entre l'Algérie et la France, au contrôle
financier, au protocole judiciaire, au privilège d'émission de
la Banque d'Algérie, aux engagements pris par l'OCRS, à
l'organisation technique de mise en valeur du sous-sol saharien,
au code pétrolier et au transfert de compétences aux
autorités visées par ce code.
Le dernier acte de l'Exécutif provisoire qui, dans sa phase
algérienne, de pleine souveraineté, du 3 Juillet ay 25 Septembre
1962, a exercé le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif de
l'État algérien, comme premier gouvernement légal d'une Algérie
indépendante, fut le transfert à l'Assemblée nationale
constituante, au cours de sa réunion le 27 Septembre 1962, des
attributs et compétences afférentes à la souverain tenté
nationale.
<<<<< RETOUR
LA SUITE>>>>
|
|